Fernando Botero (1977)
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Fernando Botero – STYLES – (1977, RTB, 50′)

(Images d’archives SONUMA)

 

« Botero, qui a dû naître avec un crayon entre les doigts, était merveilleusement doué pour le dessin. Mais son oncle qui payait ses études et ne s’intéressait qu’aux corridas l’inscrivit, à l’âge de 12 ans, dans une école taurine. Il y passera deux années et en sortira avec une peur irrépressible des taureaux. Ce qui explique qu’il n’osera peindre des corridas qu’en 1984. À 20 ans, ses expositions de dessins lui valurent un pécule qui lui permit de voyager tranquillement en Europe.
Avide de s’approprier les secrets techniques des maîtres, le jeune Botero copiait des chefs d’œuvre dans les musées. Je l’ai rencontré en 1976 en Colombie, dans la campagne qui entourait alors Bogota où il avait joliment aménagé son hacienda au milieu des champs. Je me souviendrai toujours de l’heure que j’ai passée dans son petit atelier où il avait planté son énorme chevalet. Aucun repère au crayon sur la grande toile qu’il venait de commencer. Il semblait avoir oublié que j’étais là, derrière son dos. Et je vis son pinceau, mû par une fabuleuse dextérité, donner vie aux personnages qu’il avait connus peut-être dans son enfance et qu’il grossissait comme les fruits de son pays. Une façon de peindre certes traditionnelle, mais qui nous faisait entrer dans un monde à la fois vrai et imaginaire, jamais conçu par un autre artiste.
L’œuvre de Botero nous fait entrer dans une Colombie populaire qui a effarouché les thuriféraires de l’art abstrait. Il nous a pourtant fait découvrir un monde inconnu avec la force et la qualité d’un très grand peintre, ce qui est fort rare. »

Jean Antoine

 

« Jean Antoine a suivi Botero lors d’un séjour en Colombie, où dans son atelier de Bogota il dessine et fait des croquis, base de ses tableaux ou esquisses de ce qui caractérise toutes ses représentations, corps ou natures mortes obèses, gonflés comme des ballon, exagération des formes qui pour lui est un exaltation de la sensualité. Il n’y met pas de connotation satirique mais il en use pour des raisons plastiques affirmant faire « la même chose avec les dictateurs ou les bananes ». Le film est organisé comme un voyage un peu touristique sur le littoral des Caraïbes, à Carthagène, et accompagné par un son de guitare particulièrement présent. Un montage analogique met en rapport ce que le peintre voit dans les scènes de rue avec le tableau qui s’inspire de ce souvenir qui n’est pas un modèle, mais un support de son regard et de son imaginaire. Le document se termine sur une séquence de Botero sculpteur, qui trouve là non seulement la sensualité des formes, mais aussi celle de la matière. »

Jacqueline Aubenas

 


Réalisation et interview : Jean Antoine
Images : Renier Doutrelepont
Montage : Ludo Verbrugen
Son : Léopold Brasseur
Illustration musicale : André Colson
Production : Philippe Dasnoy

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