Giorgio de Chirico (1964)
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Giorgio de Chirico – MÉTAMORPHOSES – (1964,RTB, 47′)

(Images d’archives SONUMA)

 

« Une semaine à Rome avec Giorgio de Chirico, joyeux roublard de l’art du XX e siècle, fut pour moi, né dans une famille où la plaisanterie était un mode de vie, la joie suprême. Chirico était riche. Il vivait dans un petit palais qui dominait une des plus belles places de Rome : la piazza di Spagna. Sachant que j’étais Belge, il commença par m’expliquer qu’il était le meilleur successeur de Rubens dont il avait redécouvert la technique. Aux murs de son palais, aucun Chirico comme nous l’entendons. Mais d’énormes autoportraits pour lesquels il s’habillait dans d’impressionnants costumes des XVIe et XVIIe siècles prêtés par l’Opéra de Rome où il avait sa loge personnelle. Il parlait un français rempli de malices, avec un accent adorable qui lui faisait rouler les r. Il avait plusieurs ateliers. Lorsque j’eus accès à celui où il travaillait, je vis sur son chevalet une toile à peine entamée et, sur le bord, une carte postale quadrillée d’un Chirico de 1924 très connu. Une inscription au dos de la toile, en italien, affirmait : “Cette œuvre authentique a été exécutée en 1924 par G. de Chirico”. Je lui demandai : « Pourquoi faites-vous ça ? ». J’entends encore sa réponse : « C’est pour emmerrr’der mes contemporains. » Taquiner les historiens d’art comme il taquina André Breton et les surréalistes excédés par son manque de sérieux le faisait éclater de rire lorsqu’il en parlait. Ah ! le bonheur de se promener avec lui dans les rues de Rome et de boire une bière dans son bistrot où il amusait tout le monde… Semaine de fous rires et d’admiration pour ce vénérable fomenteur de l’art moderne. »

Jean Antoine

 

« Une interview/conversation avec Giorgio de Chirico dans un atelier à Rome. Filmé en plan américain comme un buste face écran. Un déroulement narratif classique. L’enfance à Athènes, les parents, le service militaire, l’entrée dans la peinture, les rapports tendus avec les surréalistes, les influences subies, de Arnold Böcklin au Titien. Il aborde ensuite le vocabulaire de son inspiration, architectures vides, mannequins, chevaux, sculptures, pour définir enfin ce qu’il entend par peinture métaphysique. D’une manière ironique, il balaie l’importance des critiques d’art, les prétentions de l’avant-garde, les mauvaises peintures. Il fustige la perte du métier pour valoriser le savoir-faire du peintre traditionnel et parler de son retour au classicisme avec la série de ses autoportraits en costume, ses tableaux inspirés de Rubens. Il revendique le droit au pastiche qui dépasse le « mauvais goût », dernière pirouette de celui qui parle de lui comme d’un apache. Un portrait étonnant où l’artiste se livre en histrion assumé et génial. »

Jacqueline Aubenas

 


Réalisation et texte : Jean Antoine
Images : Roger Beeckmans
Son : Robert Jacobs
Montage : Jean Depaye
Illustration musicale : Paul Uyttebrouck
Mixage : Aldo Ferri
Production : Henri Billen

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